Luttes, victoires; La force des femmes de l’AFPC

Le 17 octobre 2015, a eu lieu,  à Trois-Rivières, la finale de la marche mondiale des femmes. J’ai participé à cette marche. J’ai vraiment compris l’impact de la force du nombre.  Rappelons-nous que deux (2) jours plus tard, on vivait les élections fédérales. Notre message était fort. Beaucoup d’évènements ont contribué à forcer le changement. Mais il y a eu cette marche de solidarité qui rappelait à toutes et tous les élucubrations de notre ancien gouvernement. Ce fut une grande victoire pour nous. Ça m’a fait prendre conscience que le 8 mars ce n’est pas assez. Il faut tous les jours  garder cette force en action. Il faut tous les jours avoir en mémoire que l’histoire avec un grand H est façonnée des luttes des femmes dont on ne parle pas assez.

C’est grâce à certains historiens contemporains que nous en savons davantage. Pour ma part, j’ai eu  l’honneur  de participer à cette marche trois (3) fois dans ma vie. Je peux, tous les jours, dire,  avec fierté que j’ai participé au changement.  Je peux dire que je fais partie de l’histoire. Pas besoin d’être une manchette d’un  journal ou d’un média  quelconque  pour reconnaître les bonnes actions de l’histoire. De grandes dames comme  Irma Levasseur, qui tout au long de sa vie n’a jamais été reconnue mais, aujourd’hui on en parle et on ressort ses actions pour la citer en exemple. Mais elle n’a jamais été reconnue de son vivant. Il faut prendre notre place chaque jour par nos actions, s’en féliciter, et continuer avec acharnement sinon la situation stagne et on continuera de nous oublier dans l’histoire.

Rappelons-nous Léa Roback, militante juive  francophone qui a fait avancer la cause des femmes dans son combat  de syndicalisation jusqu’à sa mort en 2000, à l’âge de 96 ans. Peu  de gens savent  que grâce à elle, les conditions des femmes dans les usines textiles se sont améliorées. Ce sont nos femmes d’aujourd’hui qui en bénéficient.

Rappelons-nous Madeleine  Parent, syndicaliste qui  pendant des années était la représentante au sein du Comité canadien d'action sur le statut de la femme et une ardente défenderesse des droits des femmes auprès de Léa Roback. Elle n’a pas choisi ce chemin pour la célébrité puisqu’elle a été arrêtée plusieurs fois, jusqu’à passer en cour, là ou elle a été blanchie.

Serge Bouchard, et Marie-Christine Lévesque ont contribué à nous faire connaître l’histoire oubliée des femmes qui ont bâti notre pays, avec la publication et la diffusion d’émissions radio sur ces illustres inconnues.

Toutes les capsules de femmes pionnières  au sein de la  FTQ sont des exemples plus près de nous mais, dans le quotidien on prend pour acquis qu’il y a et aura toujours ce genre de militantisme auquel  la majorité de la population saura tirer profit. Si on veut être l’égal de l’homme dans l’histoire, il ne faut pas être humble au point de passer inaperçue. Il faut souligner nos actions et être fières de nos avancées.

Pour ma part, j’aime à penser que si j’avais des petits enfants, je serai heureuse de raconter les luttes auxquelles j’ai participé et l’émancipation de ma propre personnalité  au fil des ans. La vie ne m’a pas fait ce cadeau. Par contre, rien ne m’empêche d’être partisane de ma propre destinée et de propager mes connaissances au sein de mon réseau et de dire haut et fort comment j’ai été fière  de participer aux mouvements qui ont contribué à changer les choses. La solidarité  des  femmes envers les femmes autochtones lors de cette journée mémorable du 17 octobre 2015 ont connu écho auprès des électeurs et voyez le résultat. Nous n’avons peut-être rien résolu mais nous avons fait bouger les choses. 

Si on veut se faire entendre, commençons maintenant !  

Texte d'une militante et membre de l'AFPC de la région du Bas-Saint-Lauret/Gaspésie/Iles-de-la-Madelaine/Côté-Nord

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