Jeff Fillion: Non mais, y en a marre d’entendre les divagations de cet homme

Judith Côté, Coordonnatrice du Comité des femmes de l'AFPC-Québec, région de Québec

Nos radios de Québec, communément citées comme étant des « radios poubelles », nous ont récemment remémoré le niveau de bassesse qui peut être atteint et propagé en ondes. Suite aux événements survenus à l’Université Laval et aux déclarations qui s’en sont suivies, Jeff Fillion s’est acharné sur les présumées victimes. Selon lui, la culture du viol émane d’histoires de bébés gâtés. À force de crier au loup tout le temps et d’affirmer que les hommes sont des agresseurs, « ça décrédibiliserait le débat », toujours selon lui. Il persiste en évoquant que les blancs québécois sont maltraités injustement. Ils aiment leurs mères, leurs sœurs, leurs femmes et leurs filles… Mais dites-moi, qu’en est-il de toutes les autres?

Suite au reportage d'Enquête intitulé « Abus de la SQ : les femmes brisent le silence » et diffusé en octobre 2015, les langues sales se sont fait aller. Plusieurs alléguant que ces femmes, présumées victimes rappelons-le, mentaient assurément. Comme s’il était inimaginable, sinon impossible, que les propos et récits de ces malheureuses présumées victimes soient véridiques. Ces dernières ont dénoncé, ont brisé le silence et ont été fortement ciblées en retour, de propos haineux, racistes et dégradants.

Ces propos provenaient plus souvent qu’autrement de nos « radios poubelles » carburant au mépris, à la discrimination, à la médisance et à l’ignorance. Radio X se démarque de ses concurrents avec les attaques les plus vicieuses. Sexisme, antiféministe, racisme et la haine font partie prenante de leurs sujets quotidiens. Malheureusement, les propos tordus et diffamatoires qui sévissent sur nos ondes trouvent écho dans la population et se répandent insidieusement au sein de notre communauté.

Jeff Fillion et ses acolytes plongent leur public dans un univers d’imbécillité, de stupidité et de médiocrité d’une ampleur difficilement concevable. Traitant notamment les femmes comme des déchets, des sous-personnes. Allant même jusqu’à justifier leur diarrhée verbale au nom de la liberté d’expression. Jeff Fillion a osé affirmer en ondes le 15 novembre 2016, qu’il n’était pas possible que des femmes autochtones de Val d’Or aient pu être agressées sexuellement parce qu’elles sont « déboitées, maganées, elles ont les dents pourries et souffrent probablement d’hépatite ». Impossible que des policiers jeunes et beaux, ayant de belles femmes et une belle famille aient eu l’espace d’un instant une mauvaise pulsion. Il ramène un débat concernant également l’abus de pouvoir, la violence et l’intimidation à une analyse faite de mauvaise foi.

La violence et le viol se rapportent assurément au pouvoir, à la domination, sans égard à la beauté ou au désir sexuel. Il n’y a tout simplement aucun lien entre ces arguments. Édith Cloutier, directrice générale du Centre d’amitié autochtone de Val-d’Or, dénonce le fait que les femmes autochtones sont perçues comme non crédibles. On les abuse, on les malmène. Personne ne va s’en soucier parce qu’elles sont autochtones.

FAUX ! Je m’en soucie. Je suis préoccupée par cette situation et je doute de l’impartialité possible lorsque des policiers enquêtent sur des policiers, des collègues, des confrères. Je suis convaincue des effets néfastes de la culture du viol, omniprésente dans tous les milieux. Bravo à ces femmes qui ont eu le courage de dénoncer. Il est inacceptable que le fait qu’elles aient attendu avant de s’affirmer leur cause préjudice. Il est inacceptable que de fausses idéologies sur les communautés autochtones soient utilisées pour justifier des actes et des gestes inhumains. Une enquête objective et impartiale doit faire la lumière. Joignez-vous à moi et à tous celles et ceux qui croient qu’un cœur qui bat mérite le même respect et attention qu’un autre. Allez signer la pétition : Création d'une commission d’enquête judiciaire indépendante provinciale afin d’enquêter sur la relation entre les femmes autochtones du Québec et les institutions policières dès maintenent. 

Considérant que les radios poubelles survivent notamment grâce à leurs espaces publicitaires, il serait opportun de réfléchir à notre pouvoir d’achat. Avons-nous vraiment envie d’encourager ces entreprises qui font en sorte que de telles émissions ou animateurs continuent de gangrener notre opinion sociale ?

 

 

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