L’ergonomie vise à adapter les tâches, les outils et l’environnement aux travailleuses et travailleurs. Un poste bien conçu permet de prévenir les blessures, de réduire la fatigue et d’améliorer le confort au quotidien.

Lorsque l’ergonomie est négligée, des troubles musculosquelettiques (TMS) peuvent apparaître, comme des douleurs au cou, au dos, aux épaules ou aux poignets. Ces problèmes, parfois lents à s’installer, peuvent affecter la santé et la capacité de travail.


Vos droits selon la juridiction

Dans les milieux de travail sous compétence fédérale (Canada)

Les fonctionnaires fédéraux sont protégés par la partie II du Code canadien du travail, qui oblige clairement l’employeur à miser sur la prévention.

L’employeur doit notamment :

  • assurer un environnement de travail sécuritaire;
  • cerner et corriger les risques ergonomiques;
  • informer son personnel et le former adéquatement;
  • prévenir les accidents et les maladies professionnelles.

L’objectif est d’agir en amont, en adaptant les postes de travail aux besoins des personnes.

Programme de prévention des risques (CCT, 125(1) z.03) et RCSST, partie XIX)

En vertu de la partie XIX du Règlement canadien sur la santé et la sécurité au travail, il incombe à l’employeur d’élaborer et de mettre en œuvre un programme de prévention des risques professionnels, y compris ceux liés à l’ergonomie. Ce programme doit comporter :

  • le plan de mise en œuvre;
  • la méthode de recensement et d’évaluation des risques;
  • le recensement et l’évaluation des risques;
  • les mesures de prévention;
  • la formation du personnel;
  • l’évaluation du programme.

Normes canadiennes en ergonomie

La norme CSA Z1004:12 constitue une référence importante en matière d’ergonomie. Elle propose des lignes directrices pour :

  • concevoir et aménager les postes de travail;
  • repérer et réduire les risques ergonomiques;
  • prévenir les troubles musculosquelettiques;
  • intégrer l’ergonomie dans la gestion en santé et sécurité.

Elle encourage une approche globale et préventive, complémentaire aux obligations légales.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail. Lois et règlements : Code canadien du travail,partie IIRèglement canadien sur la santé et sécurité au travail

Dans les milieux de travail sous compétence provinciale (Québec)

Au Québec, la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) encadre les obligations de l’employeur.
Elle exige notamment :

  • un aménagement sécuritaire et ergonomique des postes;
  • la prévention des gestes répétitifs et des postures contraignantes;
  • une organisation du travail adaptée;
  • la mise en place de correctifs en cas de risque.

L’objectif est de protéger la santé tout en améliorant continuellement les conditions de travail.

La LSST et l’ergonomie (article 51)

L’employeur doit intégrer l’ergonomie dans :

  • la conception des postes;
  • le choix des outils et méthodes;
  • l’organisation du travail;
  • la formation des travailleuses et travailleurs.

Concrètement, il doit :

  • aménager les lieux de travail de façon sécuritaire;
  • s’assurer que les méthodes de travail sont sans danger;
  • repérer et éliminer les risques;
  • fournir de l’équipement adapté;
  • informer son personnel et le former adéquatement.

 L’ergonomie est donc un pilier central de la prévention.

Le RSST et ses exigences

Le Règlement sur la santé et la sécurité du travail (RSST) précise les obligations de la LSST. Il aborde notamment :

  • la manutention manuelle;
  • la hauteur des postes de travail;
  • la disposition des outils et de l’équipement;
  • la possibilité d’adopter une position de travail adéquate (assise/debout);
  • les pauses et la récupération.

Il traite aussi d’éléments comme l’éclairage et les conditions ambiantes. Le RSST permet de traduire les principes ergonomiques en actions concrètes sur le terrain.

Responsabilités de l’employeur

Les obligations

Au fédéral comme au provincial, les obligations sont similaires. L’employeur doit réduire les risques ergonomiques et protéger la santé des travailleuses et travailleurs.
Il doit, par exemple :

  • fournir du mobilier ajustable (chaise, bureau, repose-pieds);
  • offrir du matériel adapté (écran, clavier, souris);
  • évaluer les postes de travail au besoin;
  • encourager les pauses et les changements de posture;
  • adapter le travail en cas de douleur ou de limitation.

L’ergonomie est une mesure essentielle de prévention, pas un luxe.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de la CNESST.

Lois et règlements :
Loi sur la santé et sécurité du travail

Pour un poste de travail ergonomique

Conseils de la CNESST

Quelques précautions simples peuvent changer la donne :

  • garder les pieds à plat au sol;
  • ajuster la chaise pour avoir les coudes à 90°;
  • placer l’écran à la hauteur des yeux;
  • appuyer le dos sur le dossier de sa chaise;
  • éviter les positions prolongées;
  • prendre des pauses régulières.

Aide mémoire pour bien régler et aménager son poste de travail

Quand faire appel à l’ergonome?

Une intervention ergonomique peut être pertinente lorsque :

Une intervention ergonomique peut être pertinente lorsque :

  • des douleurs ou inconforts se manifestent;
  • une inspection de SST révèle des problèmes;
  • il y a des plaintes ou un taux d’absentéisme élevé;
  • l’organisation du travail pose problème.

Dans les cas simples, des ajustements à l’interne suffisent.
Pour des situations complexes, on recommande une analyse spécialisée.

Les trois champs de l’ergonomie

1. Ergonomie physique

L’ergonomie physique concerne le corps et les contraintes physiques.

  • Postures
  • Mouvements répétitifs
  • Efforts
  • Aménagement du poste

2. Ergonomie cognitive

L’ergonomie cognitive, quant à elle, concerne le fonctionnement mental.

  • Charge mentale
  • Concentration
  • Stress
  • Prise de décision

3. Ergonomie organisationnelle

Enfin, l’ergonomie organisationnelle concerne la structure du travail.

  • Répartition des tâches
  • Horaires
  • Communication
  • Méthodes de travail

Pour être efficace, une approche doit combiner ces trois dimensions.

Bon à savoir

L’intervention de l’ergonome est aussi particulièrement utile en contexte de changement, par exemple :

  • réaménagement ou agrandissement des espaces;
  • déménagement;
  • achat ou remplacement d’équipement;
  • introduction de nouvelles technologies;
  • modification des méthodes de travail.

L’ergonome peut alors :

  • définir des critères d’achat et de conception;
  • adapter les postes et à les ajuster;
  • s’assurer que les solutions tiennent compte du travail réel.

L’objectif est de concilier efficacité, sécurité et bien-être.

Troubles musculosquelettiques

Qu’est-ce qu’un trouble musculosquelettique?
Les troubles musculosquelettiques (TMS) regroupent diverses atteintes qui affectent les structures permettant le mouvement du corps. Ils peuvent toucher les muscles, les tendons, les ligaments, les articulations, les cartilages, et les nerfs et les vaisseaux sanguins associés. En somme, il s’agit de problèmes liés à l’appareil locomoteur.

Quelles régions du corps sont les plus à risque?
Les parties du corps le plus souvent touchées sont :

  • le dos;
  • le cou;
  • les membres supérieurs (mains, poignets, bras, coudes, épaules);
  • les membres inférieurs (pieds, genoux, jambes, hanches).

Que ressent-on avec un TMS?

Les symptômes varient d’une personne à l’autre. Il peut y avoir de la douleur, mais aussi une sensation d’inconfort, une perte de force, de la raideur, des picotements ou des engourdissements. Dans certains cas, la douleur peut devenir intense et persistante, au point de limiter les activités quotidiennes.

Comment les TMS apparaissent-ils?

Les TMS se développent le plus souvent graduellement. Toutefois, ils peuvent aussi survenir à la suite d’un choc ou d’un traumatisme. Ils sont généralement causés par une sollicitation excessive d’une partie du corps, qui finit par ne plus être capable de récupérer adéquatement.

Quelles en sont les causes?

Contrairement à certaines substances toxiques pour lesquelles on peut déterminer à partir de quelle quantité elles deviennent nocives, il est plus difficile d’établir des seuils exacts en ce qui concerne les TMS.

Dans ce domaine, on parle plutôt de facteurs de risque, c’est-à-dire des aspects du comportement ou du milieu de travail (comme une posture près des limites du corps) qui favorisent l’apparition de problèmes de santé.

Plus ces facteurs sont intenses, fréquents ou prolongés, plus la probabilité de développer un TMS augmente.

Voici les principaux.

Les postures contraignantes

Il s’agit de positions qui forcent les articulations à se rapprocher de leur limite (par exemple, une position accroupie) ou qui exigent de lutter contre la gravité.

L’effort et la force

  • La force correspond à l’énergie nécessaire pour accomplir un mouvement.
  • L’effort représente la dépense à fournir pour exercer cette force.
  • L’évaluation de l’effort tient compte de plusieurs éléments, comme l’intensité requise, la manière de saisir l’objet, la posture adoptée et les capacités de la personne.

Le travail musculaire statique

Il s’agit d’un effort où les muscles restent contractés en continu pour maintenir une position, sans période de relâchement (par exemple, garder les bras levés pendant longtemps).

L’exposition à des contraintes physiques

On parle principalement des vibrations, du froid, des chocs et impacts et de la pression mécanique.

  • Les vibrations, chocs et impacts peuvent causer des microtraumatismes aux tissus.
  • Le froid réduit la circulation sanguine, surtout aux extrémités.
  • La pression mécanique survient lorsque certaines parties du corps sont comprimées contre des surfaces dures (table, outil, machine, etc.).

La répétition et le manque de variété

Répéter constamment les mêmes gestes sollicite toujours les mêmes parties du corps, ce qui entraîne de la fatigue et peut mener à une surcharge des muscles et des tendons.

Les facteurs organisationnels

Ces facteurs regroupent des éléments comme la charge de travail, le rythme, les horaires, le stress et l’ambiance de travail.

L’organisation du travail influence fortement les autres facteurs (posture, effort, répétition). De plus, le stress augmente la tension musculaire, ce qui peut accentuer les contraintes sur le corps.

Besoin d’aide?
Un environnement de travail sécuritaire est un droit. Votre poste de travail cause des douleurs ou de l’inconfort?

✓ Parlez-en à votre gestionnaire.
✓ Contactez votre représentante ou représentant syndical.
✓ Informez votre comité de santé et de sécurité.