Les grévistes des Fonds non publics du Québec rentrent au travail

Après plus de 170 jours de grève, le personnel de Fonds non publics (FNP) des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes aux bases de Bagotville, St-Jean et Valcartier rentreront au travail le 8 juillet.

Ce week-end, l’équipe de négociation du syndicat a été forcée de constater que les pourparlers étaient sans issue. Elle a donc décidé, à la suite d’une réflexion crève-cœur, de resoumettre et recommander la dernière offre patronale au suffrage des membres, qui l’ont acceptée. L’équipe syndicale est convaincue que c’était le seul moyen de préserver la dignité de ces grévistes et de mettre un baume sur leur situation déjà précaire.

« Par son silence, l’employeur confirme qu’il ne veut pas corriger la discrimination que nos membres du Québec subissent en étant les moins bien rémunérés au pays », déplore Yvon Barrière, vice-président exécutif de l’AFPC-Québec. « Le rapport de force n’a jamais été juste dans ce conflit. Nos membres ont été courageux et l’employeur a été impitoyable. Il a entravé le droit de manifester. Il a fracturé le climat de confiance en vue d’un retour au travail. Malheureusement, les blessures sont profondes et seront longues à cicatriser. »

Tout au long du conflit, les grévistes se sont butés à multiples manœuvres d’intimidation de la part de l’employeur. Ce dernier a eu recours à des briseurs de grève, des militaires et des travailleurs d’autres bases militaires, pour effectuer les tâches de nos membres. Il a usé de plusieurs tactiques déloyales, dont le dépôt d’une injonction, afin de priver les membres du droit de manifester et de piqueter pacifiquement aux abords des bases.

La police militaire a également eu ordre de mettre de la pression sur les grévistes en les repoussant des bases militaires et en leur donnant des constats d’infraction. L’équipement des grévistes – roulottes, génératrices et unités sanitaires – a été endommagé, déplacé et même relégué à la fourrière durant leur absence. Les chefs de piquet de grève ont quant à eux été surveillés et poursuivis par des policiers militaires. 

À la base militaire de St-Jean, c’est la police municipale qui, après plusieurs semaines de menaces, a commencé à donner des constats d’infraction en vertu d’un règlement municipal sur la nuisance, bafouant elle aussi le droit des grévistes de manifester.

« Je suis fière de notre équipe de négociation et de tous les efforts qu’elle a déployés pour mettre un terme à la grève au Québec », déclare June Winger, présidente de l’Union des employés de la Défense nationale. « Mais la lutte est loin d’être terminée. L’employeur se fiche complètement de son personnel. Ce n’est pas le cas de l’UEDN. On continuera de se battre jusqu’à ce que les travailleuses et travailleurs des FNP deviennent des fonctionnaires à part entière, touchent des salaires équitables et bénéficient d’avantages sociaux décents. »

« Ce n’est pas pour autant terminé. Il nous reste encore plusieurs recours et souvenons-nous qu’une nouvelle ronde de négociations débutera sous peu. Pour l’instant, je souhaite féliciter les grévistes de leur ténacité. On laisse peut-être une bataille derrière, mais on n’a pas terminé cette guerre pour faire reconnaître nos membres à leur juste valeur. L’employeur doit laisser son égo de côté et penser à sa mission première : assurer le bien-être et le moral des Forces canadiennes, tant pour les militaires comme pour le personnel », conclut M. Barrière.

Rappelons que ces travailleuses et travailleurs sont relégués au rang de fonctionnaires de deuxième classe depuis l’application du décret de 1982. Le personnel des Fonds non publics du Québec est historiquement à majorité féminine et s’est constamment vu offrir des conditions inférieures à celles de ses homologues partout dans le reste du pays.

Les grévistes considèrent qu’ils méritent le respect et des conditions égales à celles de leurs homologues de partout au pays. Ultimement, ils souhaitent que tous les membres du personnel des FNP soient reconnus comme des fonctionnaires fédéraux à part entière.

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