Il faut cesser de nous prendre pour des valises. Chaque année, le fédéral distribue des primes à ses gestionnaires comme des bonbons. Pourtant, rien n’indique que la gestion de la fonction publique ait connu un bond spectaculaire d’une année à l’autre. Il faut arrêter de faire croire que ces primes récompensent un rendement exceptionnel.
Soyons francs : ces primes ressemblent de plus en plus à un salaire normal déguisé. On affiche un salaire de base plus modeste pour éviter les remous, puis on compense discrètement par des primes qui gonflent considérablement la rémunération réelle — sans avantage tangible pour la population. Outre pointer maladroitement les secteurs où les ministères et les agences devront imposer des coupes, quelle contribution concrète la gestion a-t-elle apportée cette année? Poser la question c’est d’y répondre.
Des primes en pleine période de coupes
En période de coupes budgétaires, les 146 millions de dollars versés en primes à des centaines de gestionnaires auraient pu servir à maintenir des services publics essentiels pour la population canadienne. Une partie de cette somme aurait notamment pu contribuer à préserver le centre de recherche d’Agriculture Canada situé à Québec et à éviter la perte d’une expertise précieuse.
En conclusion, la fonction publique fédérale a surtout besoin de ressources pour servir la population – pas de primes faramineuses pour quelques centaines de gestionnaires.
Sébastien Paquette
Vice-président exécutif régional, Québec
Alliance de la Fonction publique du Canada